Create Your First Project
Start adding your projects to your portfolio. Click on "Manage Projects" to get started
Les Nymphes portent des baskets
Entretien avec Pauline Boivineau
Les Nymphes en basket peuvent-elles entrer dans le Met. Museum ?
Les Nymphes portent des baskets est parti d’une réflexion que portent depuis quelques années artistes, commissaires et historienne·s de l’art : où sont donc les femmes dans les musées ? Ou plutôt : quelle place leur offre-t-on, en dehors de celle de la muse-objet ? C’est à cette question simple, que posaient déjà les Guerrilla Girls en 1989 : « Do women have to be naked to get into the Met. Museum ? », que le projet porté par la Compagnie Sortie de Secours tente de trouver une forme de réponse, par le prisme de la danse.
Nourrie des réflexions contemporaines sur le féminisme, Joséphine Boivineau est naturellement sensible, en tant que chorégraphe, à la question du corps féminin dans sa relation au lieu et au regardeur, masculin ou non. C’est aussi la recherche de nouveaux territoires dansés, en dehors des scènes habituelles, qui l’a conduit à pousser les portes des musées. Les nymphes résulte ainsi d’une double interrogation : celle de l’espace et celle du regard. À cela s’ajoute un clin d’œil aux cultures urbaines contemporaines, encore sous représentées dans les institutions culturelles, mais qui nourrissent l’imaginaire de la compagnie. Si les femmes nues semblent tolérées dans les collections du Met. Museum, il n’est pas si certain que celles chaussées de baskets y soient les bienvenues.
Les Nymphes portent des baskets se positionne donc comme un pied de nez amusé aux collections de nos musées, dont les muses lascives et dénudée sont à l’image d’une histoire de l’art écrite par et pour les hommes. La confrontation se veut engagée, sans être accusatrice. Un contrepoint, plus qu’un reproche. En habitant l’espace muséal, Joséphine Boivineau propose au corps, revendiqué dans sa féminité, de prendre une place qu’il n’y occupe que rarement. Par la danse, les muses, déesses et odalisques deviennent sujet agissant sur le monde, reprennent possession de leur destin. L’ambition du projet se résume ainsi en cette proposition poétique ; offrir à celles qui ne disposent ni de la parole ni du mouvement un instant d’expression, si fugace soit-il.
Distribution, Joséphine Boivineau et Marion Jousseaume
Musicien, Charles Arnaud
Réalisation et montage vidéo, Joséphine Boivineau, Morgan Richard et Robin Alliel
Crédit photo, Carmen Lambert
Avec le soutien de la Ville de Thouars, La Chappelle Jeanne d'Arc, les Musées d'Angers, le P.A.D, le Centre National de Danse Contemporaine d'Angers, le FRAC Pays-de-la-loire, La Ville d'Angers, le Repaire Urbain











